Pourquoi certaines émotions ou douleurs ressortent pendant une séance de sophrologie ?
Des pleurs ? Des douleurs qui reviennent pour certaines personnes ? Pourquoi ? Est-ce normal ? Est-ce que quelque chose s'est mal passé ?
Il y a des moments, en fin de séance, où le silence dans le cabinet ou en séance collective, vous rend un peu mal à l'aise.
Des pleurs ou une douleur, que vous croyez apaisée, revient soudainement pendant la séance de sophrologie et se fait plus présente.
Vous vous questionnez, vous vous demandez si cela est normal ?
La réponse est simple : OUI tout va bien et NON rien ne s'est mal passé. Bien au contraire.
Le corps se détend, et la vigilance baisse.
1 - En sophrologie qu'est ce qui se passe ?
En sophrologie, nous travaillons avec la respiration, la détente musculaire et des visualisations qui invitent le corps et l'esprit à relâcher ses tensions mentales, physiques et emotionelles. Ces tensions servent souvent, sans qu'on en ait conscience, à "tenir" quelque chose. Une émotion contenue, une fatigue accumulée, une douleur mise de côté pour continuer à fonctionner dans la journée.
Quand le corps se détend vraiment, cette vigilance de fond baisse aussi. Et ce qui était contenu peut alors remonter à la surface. C'est un peu comme desserrer un couvercle : ce n'est pas la sophrologie qui "crée" l'émotion ou la douleur, elle crée simplement les conditions pour que ce qui était déjà là puisse enfin s'exprimer.
2 - Les larmes ne sont pas un échec
Beaucoup de personnes s'excusent quand elles pleurent en séance, comme si c'était un dérapage, une perte de contrôle. C'est tout l'inverse. Pleurer pendant ou après une séance signifie souvent que la personne a atteint un état de sécurité intérieure suffisant pour laisser sortir ce qu'elle retenait. C'est une forme de confiance, envers soi-même et envers l'espace de la séance.
Les larmes ne demandent pas à être expliquées ni analysées sur le moment. Elles peuvent simplement être accueillies, sans qu'on cherche absolument à comprendre "pourquoi maintenant". Le corps a son propre rythme, souvent plus sage que le mental qui voudrait tout contrôler.
3- Quand c'est la douleur qui remonte
Pour les personnes qui vivent avec une douleur chronique, ce phénomène peut être plus déroutant encore. On pourrait s'attendre à ce qu'une séance de détente fasse diminuer la douleur, et c'est souvent le cas. Mais parfois, elle semble au contraire plus intense en fin de séance.
Là aussi, il s'agit d'un relâchement. Beaucoup de personnes vivant avec une douleur chronique développent, sans le vouloir, des mécanismes de compensation : une respiration plus courte, des muscles contractés en permanence pour "protéger" une zone, une attention détournée en permanence de la sensation douloureuse.
Quand la détente s'installe, ces mécanismes de protection se relâchent aussi, et la douleur peut redevenir plus perceptible, l'espace d'un instant.
Ce n'est pas un retour en arrière. C'est souvent le signe que le corps se sent enfin assez en sécurité pour ne plus avoir à "lutter" en silence.
4- Ce que j'invite à faire
Quand une émotion ou une douleur ressort en séance, n'essayez jamais de la faire taire rapidement. J'accompagne la personne à rester avec ce qui se passe, sans jugement, en douceur. Souvent, quelques respirations suffisent pour que ça retrouve son calme. Parfois, on en reparle un peu à la fin, simplement pour mettre des mots dessus si la personne en ressent le besoin.
Si cela vous arrive un jour en séance, ou même en pratiquant seul chez vous, retenez ceci : ce n'est ni un échec, ni un problème.
C'est votre corps qui vous fait confiance, et qui profite de l'espace de sécurité que vous lui offrez pour se libérer un peu. C'est, au fond, exactement pour ça qu'on vient en sophrologie.


